Évreux sous le choc : les limites d’une politique de vitrines

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Un drame vient de frapper Évreux. Des familles sont endeuillées, des blessés et des témoins marqués à vie. Nous leur adressons nos pensées les plus sincères et souhaitons un prompt rétablissement à toutes celles et ceux qui souffrent aujourd’hui.

La vérité, c’est que la sécurité n’est pas une science exacte. Aucun maire, quel qu’il soit, ne peut garantir que de tels événements ne se produiront jamais. Les comportements individuels, l’escalade d’un conflit… font partie de la vie en société. Maire, moi aussi j’aurais pu être confronté à ce type de drame. Alors non, il ne s’agit pas de jeter la pierre. Mais il s’agit de dire une chose essentielle : face à la douleur, il faut être humble.

En effet, c’est bien là que le bât blesse. M. Guy Lefrand, en tant que responsable de l’ordre public dans sa commune depuis plus de dix ans, répète à qui veut l’entendre que sa politique sécuritaire est une réussite : plus de 100 caméras de surveillance, un centre de supervision, une police municipale renforcée. Mais les faits sont têtus : où étaient les forces de l’ordre à 4 heures du matin, quand l’établissement aurait dû fermer depuis 1 heure ? Que valaient toutes ces caméras, censées protéger les habitants, au moment où la tragédie se jouait ? Même le Maire a fini par reconnaître que « ce n’est pas efficace aujourd’hui ». Alors pourquoi bomber le torse et se vanter de dispositifs coûteux et peu efficace ?

Soyons clairs, si nul ne peut garantir une sécurité parfaite, quand on choisit d’en faire un argument politique permanent, quand on s’érige en champion de la tranquillité publique, alors il faut accepter d’être jugé sur ses résultats. Et les résultats sont là : inefficacité, insécurité en hausse et communication déconnectée de la réalité.

À RPA, nous refusons cette approche de façade. Nous croyons qu’une ville plus sûre se construit autrement : en investissant aussi dans la médiation, le dialogue, le soutien aux associations, le travail social de proximité. Car ce n’est pas seulement l’absence de caméras qui crée l’insécurité, c’est aussi l’absence de lien, de solidarité, de perspectives pour les jeunes.

Aujourd’hui, nous appelons à un sursaut collectif. Moins de communication, plus d’action réelle. Moins de vitrines, plus d’humain. Évreux mérite mieux.

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