Le Gouvernement Bayrou prépare en urgence trois décrets visant à doubler les franchises médicales et à alourdir le reste à charge pour les assurés. Ces mesures, inscrites dans la logique d’austérité du budget 2026 (43,8 milliards d’euros d’économies prévues, dont 5,5 milliards sur la Sécurité sociale), seraient prises avant même le vote de confiance du 8 septembre 2025.
Concrètement :
- La participation forfaitaire par consultation ou acte médical passerait de 2 à 4 euros (plafond relevé de 3 à 5 euros).
- Le nombre maximum de participations forfaitaires par assuré doublerait (25 à 50/an) et leur plafond financier passerait de 50 à 100 euros.
- Les franchises médicales sur les médicaments, actes paramédicaux et transports sanitaires seraient doublées.
Ces dispositions s’ajoutent à des hausses déjà décidées en 2024. Elles pourraient s’appliquer dès deux mois après leur publication, ou au 1er janvier 2026.
Les syndicats (CGT, CFDT, FO, etc.) dénoncent un passage en force antidémocratique et une atteinte grave à l’accès aux soins, alors que 37 % des Français déclarent déjà avoir renoncé à se soigner pour raisons financières. Le président de la CNAM lui-même a demandé le report de l’examen de ces textes, estimant qu’ils auraient dû être débattus dans le cadre du Parlement.
Cette décision de doubler les franchises médicales est profondément injuste. Elle fait peser l’effort budgétaire sur les assurés les plus fragiles, ceux qui consultent régulièrement, achètent des médicaments ou ont besoin de transports médicaux. Ce sont souvent les malades chroniques, les personnes âgées et les ménages modestes qui en subiront de plein fouet les conséquences.
Plutôt que de chercher des recettes en luttant contre l’évasion fiscale ou en régulant les profits massifs des grands groupes de santé et de l’industrie pharmaceutique, le gouvernement choisit la voie la plus simple et la plus brutale : faire payer davantage ceux qui ont le moins de marge de manœuvre financière et qui ne peuvent pas riposter.
Cette logique d’austérité appliquée à la santé publique n’est pas seulement économiquement discutable, elle est socialement destructrice. Elle risque d’accentuer les renoncements aux soins, de fragiliser encore plus les plus vulnérables, et de creuser les inégalités face à la santé — un domaine qui devrait au contraire rester fondé sur la solidarité et l’égalité d’accès.
