Vendredi 5 et samedi 6 septembre 2025, j’ai passé plus de sept heures au Forum des associations d’Évreux. Un terrain d’échange bouillonnant — où j’ai rencontré des responsables fidèles à leur engagement, méritants, souvent isolés, mais toujours dévoués. Ces personnes sont l’âme de notre tissu associatif local : leur persévérance force le respect.
Une dynamique à préserver… et pourtant menacée
Le constat est délicat. Beaucoup d’associations peinent à renouveler leurs responsables et encadrants. Le bénévolat devient plus précaire.
Ce phénomène, conjugué à la baisse des subventions de la Ville d’Évreux, alourdit le sentiment de solitude que ressentent certaines associations, notamment celles œuvrant dans des domaines sociaux toujours plus complexes. Pour certains, le soutien logistique existe, mais le soutien moral, lui, n’est pas au niveau attendu.
Si les associations représentent un coût… imaginons une ville sans elles
Certains jugent parfois le coût des associations élevé. Mais, rapporté aux nombres d’heures de bénévolat et à la densité et diversité d’activités… c’est faux. Imaginez Évreux sans associations : ce serait une ville desséchée, dépourvue d’animations, de solidarité et de lien social. Qui animerait la ville, accompagnerait les plus fragiles, structurerait la vie sociale ? Rappelons les principaux secteurs largement pris en charge par nos associations :
- Sport : clubs, compétitions, activités collectives ;
- Culture & loisirs : musique, théâtre, arts, patrimoine ;
- Quartiers & vie sociale : initiatives de proximité, événements de cohésion ;
- Action sociale & solidarité : aide aux personnes isolées, soutien aux familles, lutte contre les exclusions ;
- Éducation, jeunesse et formation : ateliers, aide scolaire, accompagnement citoyen ;
- Environnement & patrimoine : jardinage collectif, protection du cadre de vie, médiation patrimoniale ;
- Santé & handicap : accompagnement, conseils, soutien aux malades ;
- Défense des causes et des droits : soutien aux libertés, inclusion, aides juridiques et morales ;
- Recherche & innovation sociale : associations locales actives dans des projets scientifiques ou humanitaires…
Sans elles, la ville serait réduite à peu : les entreprises, les bureaux administratifs et les comemrces… sans animation, sans activité, sans solidarité.
Des chiffres nationaux qui donnent le vertige… et l’espoir
- 1,5 million d’associations actives en France, dont 154 000 employeuses, représentant plus de 1,9 million de salariés — soit près de 9 % du secteur privé
- En France, les associations génèrent un budget global de 113 à 124 milliards d’euros, soit 3 % du PIB.
- Plus de 20 millions de bénévoles et 1,8 million de salariés engagés dans ce secteur, selon Le Mouvement associatif.
Ces chiffres soulignent à quel point le secteur associatif est un puissant moteur de cohésion, d’économie, d’animation — bien au-delà d’un simple coût budgétaire.
En guise de conclusion : urgence et encouragement
À l’issue de cette journée, deux sentiments dominent : l’admiration pour ces femmes et ces hommes qui donnent sans compter, et l’inquiétude face à la précarité de leurs structures, malgré des efforts colossaux.
Évreux a la chance de pouvoir compter sur un tissu associatif riche, engagé, omniprésent dans nos vies. Encore faut-il lui offrir plus qu’un soutien logistique : une reconnaissance sincère, des financements stables, une valorisation des bénévoles, et un accompagnement pour le renouvellement de ses encadrants.
