Aujourd’hui 10 novembre 2025, marque symboliquement le moment de l’année où les femmes en France « cessent » d’être payées par rapport aux hommes. Selon les calculs réalisés à partir des données d’Eurostat, l’écart moyen de rémunération entre les femmes et les hommes atteint encore 15 %. Autrement dit, à partir de maintenant et jusqu’au 31 décembre, les femmes travaillent “gratuitement” (en rapportant cet écart à l’année entière).
L’égalité formelle : un acquis indispensable.
Sur le plan juridique, la France a pourtant fait figure de pionnière. La loi française garantit le principe de “salaire égal pour un travail de valeur égale”, renforcé par le Code du travail, les directives européennes et des dispositifs récents comme l’Index de l’égalité professionnelle. Autrement dit, l’égalité formelle, inscrite dans les textes, existe. Ces avancées sont essentielles : elles posent un cadre, permettent des recours.
Mais elles ne suffisent pas à effacer les écarts persistants, car le droit ne garantit pas toujours l’égalité dans les faits. L’enjeu est maintenant de la rendre concrète. Cela suppose : une transparence accrue des salaires ; une revalorisation des métiers féminisés, souvent sous-payés ; un partage équilibré des responsabilités familiales ; et une lutte active contre le sexisme et les discriminations.
L’égalité réelle ne se décrète pas : elle se construit par la volonté politique, la responsabilité des entreprises, des administrations et par l’engagement collectif et citoyen.
L’histoire de l’égalité entre les femmes et les hommes est une histoire en mouvement, jamais figée. Chaque génération a eu à mener ses combats : le droit de vote, le droit à l’avortement, le droit de travailler, le droit à l’égalité dans les textes…
Mais aucun de ces acquis n’est définitif, et chacun appelle la génération suivante à poursuivre le chemin. L’égalité n’est pas une destination : c’est un mouvement continu, une conquête collective et intergénérationnelle. À nous aujourd’hui et à celles et ceux qui viendront après, de continuer à avancer, jusqu’au jour où aucune femme ne “travaillera pour rien”.
