À Évreux, on a trouvé la recette miracle contre la morosité municipale : une bonne dose d’inaugurations ! Placez un ruban, ajoutez un micro, et hop, le maire surgit ! Square, passerelle, banc repeint ou plaque vissée de travers : tout est prétexte à sortir les ciseaux dorés. On se demande d’ailleurs si la communication n’a pas fini par coûter plus cher que les aménagements eux-mêmes…?
Dans les années 80, certains élus coupaient le ruban des cabines téléphoniques. Aujourd’hui, c’est à se demander si on n’inaugurera pas bientôt les abribus ou les dos-d’âne flambant neufs. Le plus grotesque, c’est que ce temps précieux, passé à faire des photos, aurait pu être consacré à un sujet autrement plus grave : la sécurité des habitants. Quand une ville pleure un mort et plusieurs blessés graves rue Roosevelt, la priorité n’est pas de briller sur les clichés, mais d’agir pour protéger.
En effet, rappelons que pendant ce temps, la ville perd toujours des habitants (moins 6.000 en dix ans !), l’insécurité monte, et les services publics sont à la peine. Mais qu’importe : tant que « ma bobine » est dans le journal, tout va bien !
À RPA, nous pensons que l’argent public et l’énergie des élus doivent d’abord être dirigés vers ce qui compte : la sécurité, le logement, l’éducation, le bien-vivre ensemble. Pas vers une mise en scène permanente où l’on confond gouverner et poser.

