Huit ans après l’arrêt du “Rock dans tous ses états”, le constat est sans appel
Lorsque la municipalité actuelle de d’Évreux a remplacé l’historique RDTSE par un festival “professionnalisé” (en confiant l’organisation à un tourneur), la promesse était claire : moins de risque pour la collectivité, plus de rigueur budgétaire. Or, les chiffres et documents récents (comptes-rendus internes et presse locale) démontrent que la situation financière de l’association Normandy Rock, organisatrice de « Rock in Évreux », est catastrophique.
Le Maire prêt à piocher dans la « réserve » pour combler le trou du festival 2024
Déjà en 2024, M. Lefrand qui cumule les fonctions de président de l’Agglomération, malgré une Agglomération vent debout, a puisé dans les réserves destinées à “soutenir le commerce local” pour compenser le déficit du festival !
Une dette vertigineuse et une gestion opaque
La presse nous indique que 4 076 380 € de subventions publiques ont été versées entre 2017 et 2023 : qu’il n’y a au aucune publication des comptes annuels, en dépit de l’obligation légale pour toute association recevant plus de 153.000 € de subventions par an ; que les fonds propres sont tombés à – 516.024 € fin 2023, un chiffre qui confirme que l’association est en faillite et pourtant, la majorité municipale prévoit d’accorder encore 150 000 € de subvention exceptionnelle, sans transparence ni conditionnalité claire !
Cette absence de publication expose les dirigeants à une amende de 9 000 €, mais rien n’indique que la Ville ait exigé la régularisation avant d’accorder de nouvelles aides.
Les chiffres 2025 : fréquentation en recul, modèle en péril
Les données de 2025 aggravent le tableau : 13.763 festivaliers seulement, soit bien en deçà de la jauge cible de 15 000 par jour ; des coûts techniques encore élevés (135.000 € restant à payer pour la scène selon le compte-rendu du CA du 11 juin 2025) et des tensions internes au Conseil d’administration ayant conduit à un vote majoritaire en faveur de l’arrêt du festival.
Responsabilités de la mairie : des questions qui fâchent
Cette nouvelle subvention pose un problème majeur : pourquoi injecter 150.000 € supplémentaires dans une structure en cessation de paiement sans exiger d’audit ? Pourquoi ne pas conditionner toute aide publique à la publication immédiate des comptes annuels ; ce que la loi impose déjà ?
Loin d’avoir protégé les finances locales, la stratégie du Maire G. Lefrand expose la Ville à un risque plus grand, puisqu’elle doit désormais reprendre la main sur un projet sinistré.
Pour une refondation du festival
La situation ne peut rester ainsi. Il faut : publier immédiatement les comptes 2017–2024 de Normandy Rock, avec certification par commissaire aux comptes :lancer un audit indépendant sur l’utilisation des 4 millions de subventions déjà versées ; suspendre toute nouvelle subvention tant que la régularisation n’est pas faite ; réévaluer le modèle économique (format 2 jours, budget ≤ 1,5 M€, jauge réaliste, et assurance météo) et restaurer une gouvernance citoyenne en réintégrant des associations culturelles locales et des représentants des bénévoles dans le pilotage.
Conclusion : une responsabilité politique assumée
L’affaire Rock in Évreux n’est pas un simple problème associatif : c’est un échec de gouvernance municipale. Le maire, en abandonnant en 2014 le RDTSE au profit d’un modèle “professionnalisé”, a promis rigueur et économies. Résultat : une dette de plus de 500.000 €, une opacité sur les comptes, et un festival menacé de disparition. Désormais, ce n’est plus seulement l’avenir du festival qui est en jeu, mais la crédibilité de la municipalité sur sa capacité à gérer l’argent public et à soutenir la culture de manière transparente.
Un terreau culturel sacrifié par la gestion municipale
Ce qui se joue dépasse la seule survie d’un festival. Évreux avait patiemment construit, en 25 ans de “Rock dans tous ses états”, un véritable terreau culturel : des générations de bénévoles, des artistes locaux révélés, un public fidèle. Cette tradition musicale faisait partie de l’identité de la ville, héritière de la culture rock introduite dès les années 1950 par la présence de la base américaine.
Aujourd’hui, ce patrimoine est fragilisé. La mauvaise gestion des structures associatives satellites de la mairie semble devenue la règle : le club de football EFC 27 a frôlé la disparition avant d’être repris en main avec talent par un nouveau président, Samuel Brigantino ; l’ALM Basket, autre fierté sportive locale, a dû se réorganiser après des saisons compliquées, de mauvais décisions de gestion et un déficit de résultats et financier ; le festival rock, enfin, qui devait être un moteur de la vie culturelle, se retrouve en cessation de paiement et sous perfusion municipale.
Ce cumul d’échecs traduit un problème de pilotage politique des élus de la ville d’Evreux qui mettent à leur tête de ces structures des responsables motivés davantage par leur business et leur notorité qu’à défendre l’intérêt général. IL faut que cela change.

