Le 8 mai 2025 marque les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe ; l’Allemagne nazie capitulait, mettant un terme à un conflit mondial qui avait ravagé le continent et causé soixante millions de morts.
En ce jour, il est essentiel de saluer le courage inouï des Résistants, ces femmes et ces hommes qui, dans l’ombre de l’occupation, ont choisi la liberté au prix de leur vie. À ceux qui ont transmis des messages, caché des familles, saboté des voies ferrées ou combattu les armes à la main, la France doit une dette infinie.
Et comment ne pas évoquer le Général de Gaulle, héros du refus en juin 1940, qui, depuis Londres, a ravivé l’espérance d’une France libre, d’une fidélité au pays réel au moment où l’État s’effondrait ? Grâce à lui, et à tous ceux qui ont rejoint la France libre ou résisté à l’intérieur, la Nation a fini par retrouver sa dignité et sa souveraineté.
Sur un autre continent mais qui concerne également la France, le 8 Mai, porte aussi une ombre : celle du massacre de Sétif, Guelma et Kherrata, en Algérie coloniale. Ce même 8 mai 1945, alors que l’Europe fêtait la fin de la guerre, une manifestation pacifique d’Algériens réclamant l’indépendance fut réprimée dans le sang par l’armée française. Les chiffres varient selon les sources, mais des milliers d’Algériens furent tués en quelques jours. Ce massacre fut perpétré par une armée composée des officiers issus du régime de Vichy — l’armée de Pétain — même si la colonisation, fut l’œuvre de plusieurs régimes et gouvernements successifs.
Ce paradoxe révèle à quel point notre histoire est complexe, traversée de contradictions, et ne peut se réduire à un récit unique.
À l’heure où l’Europe est de nouveau frappée par la guerre — en Ukraine, depuis l’agression russe de 2022 — ces anniversaires prennent un sens encore plus profond. Ils nous rappellent que la paix n’est jamais acquise, qu’elle doit être protégée avec courage, lucidité et engagement.
Commémorer le 8 mai, 80 ans après, c’est reconnaître la victoire contre le nazisme, mais aussi écouter les mémoires longtemps étouffées. C’est accepter que l’histoire soit faite à la fois de grandeur et de violences, de conquêtes de liberté et d’oppressions. C’est faire le choix du courage : celui de regarder notre passé en face pour mieux construire un avenir commun, où la paix et la justice ne s’excluent pas mais se conjuguent.
Vive la République !



