You are currently viewing Défendre l’État de droit, c’est défendre la République – La Justice n’est pas une arme politique
Défendre l’État de droit, c’est défendre la République – La Justice n’est pas une arme politique

Défendre l’État de droit, c’est défendre la République – La Justice n’est pas une arme politique

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Commentaires de la publication :0 commentaire
  • Temps de lecture :3 min de lecture

Dans une démocratie, la Justice n’est ni une vengeance ni un instrument aux mains du pouvoir. C’est une institution indépendante, garante de l’égalité devant la loi qui juge selon les faits.

Certains dénoncent une « justice politique » après la condamnation de plusieurs responsables du Rassemblement National. Accuser la Justice, c’est détourner le regard des faits (création d’un système de détournement de l’argent public). Les accusations relèvent moins d’un attachement aux principes démocratiques que d’une stratégie politique bien rodée de « victimisation ». Elles sapent la confiance dans les institutions et fragilisent la démocratie. Quant au RN, il n’est pas empêché. Il aura un candidat à la présidentielle de 2027. Il siège au Parlement. Il s’exprime librement et abondamment.

A l’inverse, posons la question : qu’aurait-on dit si la Justice n’avait pas appliqué la loi à Marine Le Pen et si celle-ci avait bénéficié d’un traitement de faveur ? On aurait accusé les magistrats de complaisance, évidemment. Dans un État de droit, l’impartialité suppose d’appliquer les mêmes règles à tous.

Faut-il rappeler que deux anciens présidents de la République, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, ainsi que deux anciens Premiers ministres, Alain Juppé et François Fillon, ont été condamnés ? Par ailleurs, à Gauche, Jérôme Cahuzac, ancien ministre du Budget comme à Droite, Patrick Balkany furent condamnés pour fraude fiscale. Droite, Gauche, Extrême droite… la Justice ne trie pas selon les idées.

Les Citoyens que nous sommes méritent une classe politique à la hauteur des principes de la République qu’ils prétendent représenter.

Par ailleurs, notons que peu de responsables politiques proposent de modifier la loi. Les règles sont donc globalement acceptées. C’est une preuve que notre démocratie fonctionne.


Enfin, le calendrier judiciaire annoncé pour le procès en appel mérite réflexion. Il est prévu en septembre 2026, soit à huit mois de l’élection présidentielle. La campagne sera alors pleinement lancée. Dans ce climat, comment les juges pourront-ils exercer sereinement leur mission, sous une telle pression politique et médiatique (alors qu’aujourd’hui, à deux ans de l’échéance, les magistrats reçoivent des menaces physiques) 

Cerise sur le gâteau… entendre des leçons de démocratie de Viktor Orbán en Hongrie, Jair Bolsonaro au Brésil, Vladimir Poutine en Russie ou Donald Trump aux États-Unis est une farce ! Tous ces soutiens déclarés de Marine Le Pen ont, à des degrés divers, contourné les règles démocratiques, remis en cause l’indépendance de leur Justice pour en faire un outil de pouvoir. 

Michel Champredon

Exprimez-vous sur cette proposition ou cet article