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Quelles perspectives pour l’Afrique de demain ?

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À l’invitation de Céline Thiébault-Martinez, députée, le Groupe d’études des questions africaines a organisé, le 17 mai 2025 à l’Assemblée nationale un colloque sur : « Quelles perspectives pour l’Afrique de demain ? »

Je ferais quelques commentaires sur les thèmes abordés par des chercheurs, diplomates, élus, acteurs de terrain engagés (Hamidou Samake, Rachida Kaaout, Général Philippe Delbos, l’ancien ambassadeur de France Pierre Jacquemot, Frédéric Atsou Galley et Augustin Codja).

1 – L’analyse à faire du retrait de la France de plusieurs pays africains

Même si les départs de l’armée française (Mali, Niger, Tchad, Sénégal) se sont faits de façon brusque par des régimes hostiles, c’est le sens de l’histoire de supprimer les bases permanentes, symboles de domination et d’entrevoir la coopération régionale africaine plutôt que des relations bilatérales asymétriques. Il faut passer d’une logique d’intervention à une logique d’accompagnement, en mettant l’accent sur la formation des armées africaines, le partage de renseignement et l’appui logistique.

2 – Refonder les relations diplomatiques entre la France et l’Afrique : une urgence politique

Les relations diplomatiques actuelles sont revisitées par plusieurs dirigeants africains et mettent en lumière une évolution profonde du contexte géopolitique. Les nouvelles générations et les sociétés civiles africaines imposent la réintroduction de la question coloniale dans le débat public et dans les relations internationales. Cela se joue sur fond de forte concurrence entre grandes puissances, qui cherchent à capter à leur avantage les ressources et les influences du continent africain.

Face à ces mutations, il devient indispensable pour la France d’instaurer une diplomatie fondée sur le respect mutuel, d’abandonner les pratiques verticales pour refonder les ambassades autour d’une approche plus ouverte, à l’écoute et en proximité — en particulier avec les jeunesses africaines. Il faut promouvoir la coopération sur le développement durable, avoir une politique culturelle plus équitable, intégrant : la poursuite de la restitution des patrimoines culturels africains pillés, le développement des échanges universitaires, le soutien aux industries créatives et la multiplication des partenariats avec les villes, universités et organisations de la société civile.

Cette transformation nécessite de sortir d’une diplomatie strictement étatique et de s’ouvrir à une vision plus collaborative et horizontale.

3. Une politique africaine et de développement à refonder ; sans plus tarder

La France doit désormais redéfinir sa politique africaine et de développement de manière claire et ambitieuse. Ce besoin, maintes fois exprimé, peine pourtant à se traduire concrètement. Ce ne sont pourtant ni les idées, ni les compétences qui manquent — que ce soit au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à l’Assemblée nationale, au Sénat, à l’Agence française de développement ou encore chez Expertise France.

Alors, pourquoi attendre que l’histoire s’écrive sans nous — voire contre nous ? Si cette refondation n’est pas impulsée rapidement, les dirigeants actuels risquent de porter une lourde responsabilité : celle d’avoir laissé à d’autres puissances, parfois hostiles, la place que la France occupait encore.

Certes, la coopération française est perfectible. Mais elle demeure, dans bien des cas, plus respectueuse et soucieuse de l’intérêt général que celle de puissances comme la Russie ou la Chine. Il est donc encore temps d’agir, mais le temps presse.

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